jeudi 26 janvier 2012

Article 9







Je me soulevais sur le point de sortir par la fenêtre où j’étais entré, quand un son me parvint, sorti d'outre-tombe... Un battement de cœur que je connaissais que trop bien pour l'avoir si souvent écouté, si souvent attendu et même si souvent protégé...
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Je lançais un regard inquiet vers Diana, qui, à voir son visage, espérait vraiment que je sorte rapidement de cet appartement.

Je finis par la suivre, et m'élever dans les airs. Mais après avoir décollé seulement d'une petite cinquantaine de mètres, je m’arrêtai et regardai vers le bas.

Lois était ici, et… il fallait que je la voie.

- Clark, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, essaya de me retenir Diana, mais c’était déjà trop tard.

- Ne t'inquiète pas pour moi Diana, je ne fais rien de mal.

- C’est à toi que tu risques de faire du mal.

- je veux juste… juste la voir, un peu. Ne t'inquiète pas, les souvenirs, je sais les gérer. Tu as tort de penser que j'ai des regrets, bien au contraire, je suis heureux de la vie que j’ai passée avec elle. Pouvoir la revoir est une vraie chance. Laisse-moi en profiter.

- Tu vas aller lui parler? Me demanda-t-elle soucieuse.

- Non, rassures-toi, je ne pense pas que ce soit une bonne idée qu'elle me voit.

Elle baissa la tête, comme résignée.

- Très bien. Reste ici. Rejoins-moi à l'ancienne Tour de Guet.  Je t'y attendrai.

- Compte sur moi, répondis-je mon esprit déjà reparti vers la femme qui se trouvait juste sous mes pieds.

Je l’entendis à peine partir. Tout ce que je voyais maintenant, c’était Lois…

Elle était dans le salon, en train de discuter avec Clark, elle venait de comprendre que quelque chose me préoccupait et commençait à m’enlacer sur le canapé. Des souvenirs que je retrouvais en même temps que je les contemplais.

Elle essayait de savoir ce qui me tourmentait, mais je ne devais rien dire, ça n’était pas utile qu’elle sache que je pouvais être en danger… pourquoi l’inquiéter alors que j’avais déjà mon double qui veillait sur moi ? Je préférais tenter de changer de conversation. Elle finit par accepter, comme souvent, et finit par me parler de son article. A cette époque, elle essayait encore de trouver une défaillance dans le costume parfait qu’avait réussi à mettre en place Lex. Nous étions persuadés qu’il avait fait disparaitre Tess, mais nous n’avions rien, aucune preuve, aucun indice, rien.

S'ils savaient que bientôt Lex réussirait à devenir le président du pays..., Pensais-je en les regardant se demander ce qu'il pouvait avoir derrière la tête.

Je ne devais pas les prévenir de la façon dont il découvrira mon identité, ni qu’il connaitra mon plus grand talon d'Achille… Et que celui là, n’avait rien à voir avec la Kryptonite. Toutes ces expériences, je les vivrai, et elles nous rendrons plus forts, plus sages et meilleurs. Et c’est grâce à ces batailles perdues que je finirai par le vaincre à son propre jeu. Et tout ça grâce à Lois mais aussi à Bruce et Diana, Ollie et toute l’équipe.
J'avais toujours les yeux sur elle, ne voulant plus décrocher mon regard. Voir ses yeux, son dynamisme, sa jovialité rafraichissante était une réelle chance dont je voulais savourer chaque instant. J’étais à la fois spectateur et acteur d’un moment de vie que nous avions vécu à deux.

Quelques minutes après, je vis mon double se diriger vers la cuisine, et à ce moment, je pus la découvrir d'une façon toute inédite. Elle continuait la conversation à distance en parlant plus fort à Clark à travers la porte, mais je n'avais que faire du sujet. Tout ce qui m’intéressait c’était de pouvoir la contempler, la voir si vivante, si belle...

C’était étrange, je n’avais jamais réalisé à quel point mon cœur était mort depuis sa disparition… Et je n’aurai jamais pu imaginer à quel point la voir put être aussi salvateur. Comme si une simple vision d’elle pouvait apaiser la déchirure qui me brisait depuis tant d’années. C’était comme si, mon corps se remettait à vivre…

Elle finit par bouger et se diriger vers la salle de bain. Quand elle commença à se déshabiller, une petite voix dans ma tête, me rappela à l'ordre... Mais mon désir de la voir était plus fort cette fois. Elle était si magnifique, si sensuelle dans sa démarche. Et devant cette scène intime, je me sentais de nouveau à ma place. Et je n'aurais échangé cet instant pour rien au monde.

Elle se glissa sous la douche sous mes yeux émerveillés et commença à se détendre sous l’eau chaude. Elle semblait heureuse et tranquille. La vapeur de l’eau envahit rapidement le petit espace et je me laissais aller à cette vision… J’imaginais l’odeur de son savon, la douceur de sa peau. J’avais l’impression de pouvoir rester ici toute ma vie. C'était comme si je pouvais le toucher, mais... c'est impossible...


Elle finit par sortir, et alla me rejoindre dans la cuisine. Devant l’air soucieux de mon double, elle essaya encore une fois de me distraire. Elle disant qu'elle avait envie de profiter un maximum de ma présence ce soir-là. Et les souvenirs me revenaient encore une fois. C’était agréable de me rappeler de nos instants de complicité. Toutes ces fois où nous étions enfin seuls, tous les deux. J’avais toujours l'impression que c’était trop court, trop rapide, trop furtif, mais je profitais de chaque seconde avec elle.

De mon angle de vue, je découvrais d’une autre façon notre complicité, et je la trouvais merveilleuse. 

Elle était assise sur le rebord du plan de travail de la cuisine vêtue simplement d’une de mes chemises. Elle m’observait d’un œil attendri et commentait le plat en sauce que je nous préparais.

« mmmh, ça sent bon, je sens que je vais encore avoir droit à une séance de sport intensif demain matin pour éliminer tout ça. »

Je me retournais vers ma femme et approchait une cuillère en bois pleine de sauce tomate basilic vers ses lèvres, afin qu’elle goûte le mélange encore brûlant.

« Si tu veux, on peut commencer la séance de sport des ce soir, dis-je d’un air taquin. »

Elle savoura la sauce, d’une moue sensuelle qui ne me laissait pas indifférent. Elle avait ce regard aguicheur qui me faisait fondre. Après avoir trempé ses lèvres dans la sauce, elle descendit du plan de travail, s’avança vers moi et enlaça ses bras autour de mon cou. De sa main droite, elle attrapa la cuillère que je tenais encore et la posa délicatement sur la surface plane dernière moi. Puis, elle s’approcha de mon cou, et se mit à effleurer ma peau avec sa bouche.

«Je veux bien commencer maintenant» murmura-t-elle dans mon cou, tout en continuant ses caresses de baisers.

Je me laissais aller, fermant les yeux avec cette impression que les sensations s’amplifiaient. Je finis par passer une de mes mains dans sa nuque et attiré ses lèvres vers les miennes pour en gouter la saveur. Elle avait ce léger goût sucré de tomates et d’aromates, qui se mariait avec l’odeur qui embaumait la cuisine.

Quand mes lèvres touchaient les siennes, c’était toujours si magnifiquement puissant, si extraordinairement intense, si dévastateur que mon cœur semblait être malmené par la force de ses coups dans ma poitrine. La douceur de ses lèvres, son corps pressé contre le mien, tout cela était unique et juste… parfait.

Transportée, elle aussi par les sensations que nous éprouvions, les mains de ma femme agrippèrent mes cheveux d’une façon plus violente et elle se mit à intensifier nos baisers. Pris par le désir de me rapprocher de son corps, je la soulevais rapidement et la posais délicatement sur le plan de travail. Elle en profitait rapidement pour enlacer ses jambes autour de ma taille.

A partir de ce moment-là, ce n’était plus que mon cœur qui dictait mes actes, je soulevais sa chemise pour atteindre sa peau et avoir le plaisir de caresser son épiderme chaud et doux. Elle sentait le savon mentholé, et elle m’enivrait. Elle enfouit de nouveau sa tête dans mon cou et mes yeux roulèrent dans leurs orbites. Ses mains douces et délicates avaient atteint mon pantalon, et elle se débattait avec ma chemise afin de glisser ses doigts aussi légers qu’une plume sur mon dos.

C’est à ce moment-là que je repris contact avec la réalité, leur petit jeu devenait plus intime, et je décidai de partir. De profiter simplement de mes vieux souvenirs qui revenaient au fur et à mesure dans ma mémoire.  Je retrouvais toutes les sensations d’une autre façon. Et c’est tout ce à quoi j’avais droit aujourd’hui… Me rappeler de ses lèvres douces sur les miennes, de ses baisers aguicheurs et tendres, de ses caresses envoutantes et de mon total abandon à l’amour de cette femme que je ne cesserai jamais d'aimer, jusqu'à mon dernier souffle.

Je restais un certain moment seul, avec mes souvenirs, dans ce ciel sombre à planer comme je l’avais fait si souvent…

Avec elle, tout devenait simple, facile, libre et il n'y avait que dans ces bras que je pouvais ressentir une telle plénitude. Elle était ma paix et ma force. Et elle me manquait tous les jours. Depuis qu’elle était partie, tout avait changé. Ma force n’était plus là.

mercredi 25 janvier 2012

Article 8



Il repartit en super vitesse vers le Planet au moment où Diana me rejoignit.


- La tour de contrôle a été informée du braquage, je me doutais qu'il serait là. Dit-elle

- Oui, il vient de repartir au Planet, mais il rentre bientôt dans son appart.

- Comment le sais-tu?

- Tu oublies qu'on parle de moi, ma mémoire fait ressortir mes souvenirs en même temps que je les vis réellement, c'est une impression assez particulière. J'ai l'impression de revivre la scène en direct et de deux façons. Celle où j'observe et celle que je vis.
 
- Ça doit être une impression assez étrange. Dit-elle perplexe.

- C'est vrai, mais c'est un sacré avantage pour me retrouver.

Diana me tendit un émetteur.

- C'est une alarme GPS pointée sur Brainiac, s'il revient ici, on le saura tout de suite. La zone des docks est surveillée également, si quelqu'un s'en approche, l'alarme se mettra en route.

- Ok, merci Diana. Dis-je en prenant le petit émetteur. Il ne nous reste plus qu'à prévenir Clark du danger.
Diana hocha la tête en signe d'affirmation, après plusieurs heures d'attente, nous décidions qu'il était temps d'y aller. Elle m'accompagna vers mon ancien appartement en centre-ville. 

J'espérais en rencontrant mon double à cet endroit qu'on serait plus tranquille pour se dévoiler.

Nous arrivions rapidement à l'appartement, retrouver cet endroit rempli de souvenirs était étrange, j'avais cette impression de pouvoir tout faire en étant ici, de retrouver tous mes repères.

Clark sortit de la cuisine et se retrouva nez à nez avec nous. Il fut rapidement sur ses gardes et me regarda méfiant, tout en me dévisageant des pieds à la tête.

En voyant la bague de la légion au cou de Diana, il sembla s'apaiser un peu.
- Tu es....?

- Oui, c’est bien moi.

- J’ai un peu de mal en général avec mes doubles! Répondit-il méfiant.

- Je ne suis pas là pour te faire du mal, mais pour nous sauver tous les deux.

- Qui est-ce? Demanda-t-il en désignant Diana qui flottait derrière moi.

- Je suis Diana, princesse de l'ile de Thémyscira. Reine des amazones! Répondit-elle solennelle.

- Tu la rencontreras pour la première fois bientôt... Coupais-je pour ne pas en révéler plus qu'il n’en fallait. Je suis venu dans le passé pour une seule raison, Brainiac. Il est revenu dans le passé dans une nouvelle version, et nous pensons qu'il veut nous tuer.

- Brainiac n'est pas devenu bon? Me demanda Clark.

- Je ne connais qu'une seule version de Brainiac qui soit bonne, et c’est la version V, les autres, il faut s'en méfier, Répondis-je.

Toujours est-il que pour celui-là son but est clairement de te tuer, s'il y arrive, je n'existerai plus, et apparemment le monde que nous avons bâti également. Je n’ai pas envie que tout ça change. Je te demande simplement de ne pas te mêler de ça, de me laisser faire quoi qu'il arrive!

- Tu veux que je me cache, pendant que tu fais tout le boulot? Dit-il incrédule.

- Non, je veux juste que tu ne t'approches pas de lui et de tout danger particulier, le passé ne doit pas changer! Ma mission ici est seulement de le ramener dans sa bonne année et que rien ne change pour nous et pour ça, je ne suis pas seul. Continue de faire ce que tu fais d'habitude, mais ne t’approche pas de ce monstre.

- Je n'ai pas pour habitude d'observer sans rien faire.

- Tu apprendras avec le temps, qu'à certains moments c'est nécessaire de faire confiance à ton équipe. Tu ne peux pas tout faire.

Il me regarda intensément, essayant de me juger.

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- Très bien, je ferai ce que je peux pour ne pas interférer.

C'était étrange comme sensation, au fur et à mesure de la conversation, les souvenirs se mettaient également en place dans ma mémoire, comme si tout changeait déjà au fur et à mesure que je le vivais. J'avais une sensation de déjà vu, mais d'une autre vision, celle de moi, jeune me voyant plus vieux! Et je me rendais compte que sur ce moment que je ne m'appréciais pas!

- Clark, il faut partir, m'interrompit Diana, je la regardais interrogatif.

- Crois-moi, répondit-elle simplement le regard implorant.

Je me soulevais sur le point de sortir par la fenêtre où j’étais entré, quand un son me parvint, sorti d'outre-tombe... Un battement de cœur que je connaissais que trop bien pour l'avoir si souvent écouté, si souvent attendu et même si souvent protégé...

mardi 24 janvier 2012

Article 7



Je me dirigeais avec Diana à l'endroit même de la volatilisation de Brainiac.

- Où sommes-nous exactement Kal-el?, me demanda-t-elle. Nous sommes assez éloignés de la ville.

- Je sais, nous sommes près des docks, à la sortie sud de la ville.

Il y avait plein d’entrepôts dans cet endroit, mais rien n’indiquer une quelconque hypothèse…

Je scannais les différents entrepôts délabrés en face de moi et tout ce que je pouvais voir. Rien n'avait semblé bouger. Il n'y avait pas touché. 

Diana faisait le tour de l'endroit sans remarquer de quelconques anomalies.

- Tu sembles soucieux Kal ? m’interrogea-t-elle

- Non, c’est rien. J’ai juste eu une sorte de mauvais pressentiment, mais il n’y a rien.

- Tu penses que Brainiac a déjà mis son plan en route.

- Vu comment la Légion le suivait de près, je ne pense pas. Mais je voudrais qu’on garde cet endroit à l’œil. 

- Très bien, je m'occupe des satellites de la Tour de guet, et je vais faire en sorte que le programme se déclenche sur cette zone même si Brainiac change de période.

- Je vais aller prévenir mon double pour Brainiac, je ne voudrais pas qu’il prenne des risques inconsidérés. Il ne doit pas être en contact avec Brainiac. Il ne faut rien changer.

- Je suis d'accord. On se rejoint là-bas.
                                   
Diana partit rapidement vers la Tour de guet, pendant que je m'envolais dans le ciel espérant avoir une visibilité plus importante sur la ville. Je me concentrais dessus, attendant d’entendre un son qui serait susceptible d'attirer mon alter-ego. Au bout de quelques minutes j'entendis une alarme. Il ne me fallut pas longtemps pour me repérer. Je me dirigeais vers le lieu de l'infraction et observais la scène. Superman était arrivé en super vitesse dans la bijouterie et avait rapidement appréhendé l'agresseur qui n'en finissait pas de l'insulter. Ça m'était souvent arrivé au cours de ma carrière de super héros d'avoir affaire à ce type de personne. Quand ils me voyaient, ils ne reculaient devant rien, par désespoir, par colère. Souvent ils me tiraient même dessus, sachant pertinemment que ça ne me ferait rien.

Ce ne fut pas le cas cette fois-là. Mon double l'avait appréhendé beaucoup trop vite. Il ne restait plus que les insultes verbales. Par contre, les otages sortaient un à un de la bijouterie, encore sous le choc. On commençait à entendre les sirènes de police qui arrivaient. C'était le plus gros problème de la police. Leur temps de réaction ne pouvait pas rivaliser avec le mien, et ils se sentaient souvent frustrés de ne pas pouvoir arriver à temps. Pour moi, dépassant de plusieurs Mach le mur du son, ça n'était pas très difficile.

Superman attendit l'arrivée définitive de la police pour partir. Je me rappelle de cette époque, quand je commençais enfin à rester sur les lieux des crimes plutôt que de laisser ma signature. L'accueil de la population avait été au-delà de mes espérances, et tout ça je le devais à Lois, sa foi sans faille en moi, ses nombreux articles me dépeignant toujours sous le meilleur des aspects.

Mes apparitions s'étaient faites petit à petit suite à l'épisode de Darkseid. Le président des Etats-Unis m'avait vu de l'avion, et avait demandé à me rencontrer, j'avais décliné son offre à l'époque, mais j'avais accepté de lui parler par téléphone. Mes sauvetages toujours plus nombreux avaient fini par avoir raison de moi, et être toujours dans l'ombre avait fini par ne plus être possible. Alors, comme aujourd'hui, je commençais à rester sur les lieux, à attendre la police de temps en temps, et à parler et rassurer les victimes qu'elles ne craignaient plus rien.

Des portraits robots se sont faits de plus en plus nombreux dans les journaux et sur le net. Des photos et des vidéos amateurs de moi circulaient de plus en plus. Puis, une première photo de moi fut enfin révélée. Cette photo signée Jimmy Olsen suivie d'un article sur mes origines écrit par Lois Lane avaient définitivement mis mon visage sur le devant de la scène. Lois avait été tellement anxieuse à cette période que les gens fassent le rapprochement avec Clark, mais mon second costume s'était révélé à la hauteur de nos espérances.

J'observais le jeune Superman qui semblait inquiet par quelque chose. Il se sentait épié sans en comprendre le sens et l'origine. J'avais de bons instincts.

Il repartit en super vitesse vers le Planet au moment où Diana me rejoignit.

samedi 21 janvier 2012

Article 6




Nous avions atterri à l'endroit exact de notre point de départ, pourtant rien ne pouvait être plus différent que ce que nous venions de quitter. Nous étions au beau milieu de l'espace. La tour de guet, dans sa dernière version, n'existait pas encore. Il n'y avait autour de nous que la nuit, les étoiles, la fraicheur et la beauté de l'univers.

- Alors tu penses que ça a fonctionné? Demanda Diana.

Je me concentrais un instant sur les sons émanant de la Terre juste en dessous de nous.

J’entendais tout, aussi bien le bruit des antilopes qui couraient dans la savane du Kenya que les Klaxons et la circulation de Métropolis.

"Bienvenue à bord du Boeing 767 en direction de Paris. Le vol en partance de Gotham City va durer 8 heures et 55 minutes. Nous arriverons à Paris heure locale demain, le vendredi 13 avril 2013 à 7h35...."

- Oui, nous sommes bien arrivés dans la bonne année. Confirmais-je à ma coéquipière.

- Très bien, alors allons-y, dit-elle en se dirigeant vers la Terre.

Je la suivis à même distance continuant d'écouter les sons de la planète, si différents de mon présent. Il y avait tellement plus de bruits. A mon époque, les véhicules, les usines, les avions étaient devenus beaucoup plus silencieux. Les bruits de la nature et de la population était devenus les plus importants. Et pour une raison inconnue, je me sentais bien t'entendre tout ça.

J'étais presque amusé de me dire que j'avais toujours espéré plus de calme à cette époque, étant toujours obligé de me concentrer pour sélectionner le son important pour ma mission. Aujourd'hui, cent ans après, je recherchais cette cacophonie.

Nous arrivions rapidement à l'ancienne Tour de Guet. Ce building en plein centre de Métropolis qui représentait la toute première base opérationnelle, celle que j'avais partagée avec Oliver, Chloé et Tess.

En 2013, j'étais seul à m'occuper à plein temps de cette ville. Tess était décédée deux ans plus tôt sans qu'on n'ait jamais pu découvrir comment. Bien que nous en ayons toujours eu une très bonne idée de l'auteur du crime.

Chloé essayait d'élever son fils aussi turbulent que son père à Star City tout en essayant de faire carrière. Ils géraient à trois maintenant leurs doubles vies. Chloé n'allait pas tarder à avoir sa promotion et accepter de partir à Singapour s'éloignant encore plus de son passé. Mais nous étions trop proches pour nous séparer entièrement. C'est à partir de ce moment que Lois inventa son expression le "Superman express : l'allée retour le plus rapide et agréable qui existe au monde!" quand nous devions diner avec sa cousine, c'était direction Singapour par les airs et Lois avait toujours adoré voler dans mes bras.

- Arrg! Ces machines archaïques sont trop lentes.

- Calme-toi Diana, je vais m'en occuper. Je connais parfaitement cette base et cette époque souviens-toi. De toute façon de l'espace, je me suis déjà concentré sur Brainiac, et je doute qu’il soit encore là, je n’ai pas toujours la moindre trace de sa présence.

- N'oublie pas qu'il connait très bien tes secrets et tes points faibles.

J'avais toujours eu du mal à accepter cette réalité « Mes points faibles » qui permettaient aux créatures les plus abjectes d'essayer de tout temps de me tuer ou de me contrôler.

Je me dirigeai vers l'ordinateur central et me mis à rechercher  la connexion au satellite auquel je pensais.

- A l'époque, Emil avait réussi à trouver la fréquence des vortex temporels qui s'ouvraient sur terre. Normalement le satellite doit les détecter…. Laisse-moi juste un peu de temps... Voilà.

Sur l'écran, une fenêtre représentant la Terre en 3D s’ouvrait et 5 points s'affichèrent. Je sortis les informations les concernant.

- Le premier a eu lieu il y a 2 jours à Smallville. C'était là que Brainiac était arrivé. Le second, deux heures plus tard au même endroit, je pense qu'il s'agit de la Légion. Le troisième c'est nous au point exact de notre tour de guet. Et les deux derniers sont seulement quelques minutes après notre arrivée et se suivent à de courtes intervalles de temps, ils sont partis de Métropolis. Je pense que Brainiac a dû s'enfuir rapidement et la Légion a suivi sa trace.

- Oui, mais il est quand même venu ici.

Diana pianota sur le clavier. Apparemment, il n'y a rien à signaler de particulier et on sait déjà qu'il ne s'en est pas pris à toi.

- Tu penses qu'il va revenir?

- Oui, j'en suis certaine. La légion avait vu juste quant à la période. Elle le poursuit, mais nous devons tout faire pour préserver le passé. Rien ne doit changer.

- Il faut essayer de contacter Chris et Connor dès qu'on aura plus d'infos pour savoir où la légion en est de son côté. Je pense qu'elle va les prévenir régulièrement.

- OK, pour le moment nous allons juste essayer de trouver ce qui a pu être modifié et surtout, nous allons prévenir ton double de te laisser régler tout ce qui concerne Brainiac. Il ne devrait pas intervenir pour ne rien risquer.

- Je suis d'accord.

Je regardais la carte où Brainiac et la Légion avait quitté cette dimension, ils avaient quitté Métropolis par les Docks. Je connaissais bien cet endroit. J’avais arrêté de nombreux cargos au court de ma carrière qui essayer de profiter de la mer pour cacher leur véritable marchandises.

- On devrait peut-être commencer par le point de leur départ… il y a peut-être quelques choses à découvrir.



jeudi 19 janvier 2012

Article 5


 

J’étais arrivés assez rapidement à la tour de guet. Dans l'espace, elle n'était accessible qu'avec des moyens particuliers. Pour Diana et moi, un simple vol faisait l'affaire, mais des personnes comme Batman, Flash ou même Green Arrow avaient droit à une navette pour venir.

La modernité de ce lieu différait de la forteresse, c'était plus impersonnel, mais la vue
  sur la planète entière et sur les éventuelles menaces extérieures était vraiment impressionnante. Bruce avait eu une idée de génie quand il avait proposé ce projet. Cette tour avait permis des actions très rapides de la ligue.

Avant de rejoindre Diana, j’étais passé par ma salle privé, et après mettre rasé et coupé mes cheveux, j’avais récupéré mon costume, celui que je n'avais plus porté depuis plus de 15 ans. Et je devais avouer que ça me plaisait.

Je me sentais bien dans ce costume. Ça avait toujours été le cas d'ailleurs. Une sorte de sentiment de liberté. La liberté de me montrer tel que j'étais, libre de tous mes mouvements, libre de montrer ma force, libre de me dépasser comme jamais.


Au milieu des hommes, je devais sans cesse faire attention à ma façon de me comporter. Dans ce costume, j'affichais aux yeux de tous que je n'étais pas humain. J'affichais clairement qui j'étais, sans masque, et sans contrainte.
 
Quand j'entrais après Diana dans la salle de contrôle, j'aperçus Christopher derrière les consoles centrales, en train de surveiller les différentes zones de la Terre. A notre entrée, il se retourna rapidement, et me sourit chaleureusement.

- Ca alors, Papa, tu es sorti de ta tanière?
 
Je souris à sa remarque. Je devais m'attendre à ce genre de commentaires de tous les membres de la ligue. Mais venant de Chris, ça n'avait pas le même impact.

Il me prit dans ses bras et je me laissais aller à son contact. Il était mon fils depuis le jour où je l'avais recueilli avec Lois, et j'étais fier de ce qu'il était devenu.

- Je suis content de te voir fiston.

- Moi aussi. Encore plus dans ce costume et avec ce visage. C’est comme si, Superman n’étais jamais parti… Apparemment tu acceptes la mission.


Oui, c’était vrai, mes cheveux étaient légèrement moins sombres que sur mes nombreux portraits, mais encore une fois, l’évidence de ma « non évolution »  était dure à accepter.


Chris aussi d’ailleurs ne faisait tellement pas son âge, 30 ans, tout au plus…  comme Diana, comme moi, comme Connor. 

- Je ne peux pas laisser la ligue prendre des risques pour ma survie et mettre en péril tout ce que j'ai accompli.

- Je n'étais pas d'accord avec Diana sur ce point. Il ne s'agit pas de ta vie, mais de tout l'avenir de la ligue, nous devrions faire partie de la mission.

Je souris tendrement à mon fils, je reconnaissais bien là sa détermination. Je me rappelais mon père qui me répétait souvent que je ne pourrais pas sauver tout le monde, Chris se sentait investi de la même mission que moi sur ses épaules. Je comprenais ce qu'il voulait dire, mais je ne le laisserai pas faire.

- Diana a eu raison de m'appeler, si mon passé est en danger, je suis le mieux placé pour contrecarrer les projets de Brainiac XIII. Qui d'autre mieux que moi connait tout de ce qui a fait ma vie?
Je lui souris tendrement.

- Ne t'inquiète pas Chris, je ne laisserai personne changer ce qui a été notre famille et l'avenir que j'ai espéré créer pour la Terre.

- Fais attention à toi, j'ai un mauvais pressentiment.

- C'est mon rôle de vous protéger.

Il m'étreignit une autre fois d'une façon plus tendre et personnelle.

Chris avait un cœur aussi pur que sa mère. Il n'avait jamais été de notre sang, bien au contraire, mais il était bien plus confiant que moi. Il avait appris de Lois la joie de vivre et le bonheur simple que j'avais toujours eu du mal à accepter depuis mon adolescence. Il avait aussi été moins seul que moi, avec Connor et son expérience et la mienne. Je pense que nous avions réussi à lui montrer qu'il avait une vraie place en ce monde.

Il se retira et retourna devant sa console avant de reprendre la parole en direction de son chef.

- Diana la Légion vous a laissé ces 2 anneaux. Ils les ont programmés pour l'année 2013. J'espère que cette année te parle papa, moi je n'étais pas encore né. La Légion pense que cette année, est l'année décisive de ton destin.

- Nous ne nous connaissions pas encore à ce moment la, intervient Diana.

- Je ne vois pas pour le moment ce qu’il peut y trouver de particulier… Mais c’est notre seule piste. Allons voir ce que nous pouvons faire. Tu es prête? Demandais-je à Diana.

- Oui.

Chris se leva et nous tendit un émetteur.

- ça ne fonctionne que lorsque le vortex est ouvert, mais gardons le contact, nous devons savoir se qu'il en est. N'oubliez pas, que le moindre changement dans le passé peut tous nous faire disparaitre. Je partage la surveillance avec Connor, les autres membres ne sont pas au courant. Bonne chance à tous les deux.

Chris se retourna vers moi et me fit une frappe amicale sur l'épaule.

- Et papa, ajouta-t-il seulement pour moi. Si tu vois maman, dis lui bonjour. Finit-il avec un clin d'œil.

Je vis Diana souffler de mécontentement devant la spontanéité de mon fils.

- Personne ne verra Lois, ajouta-t-elle à la fois pour Chris et pour moi comme un avertissement. Personne, à part ton double, ne doit savoir que tu existes.

- Je sais. Répondis-je convaincu, bien qu'au fond je mourais d'envie de revoir son visage. Je ne compte pas la voir Diana. La rassurai-je.

Soulagée, elle me fit signe qu'elle était prête. Nous enfilions la bague et fûmes rapidement projetés en dehors du temps...


mercredi 18 janvier 2012

Article 4



Quand la ferme devenait trop oppressante, je retournais souvent dans ma forteresse. Elle était devenue au fils des années plus qu'un sanctuaire. C'était devenu un véritable musée, un centre de recherche et d'information et l'endroit où je gardais toutes les choses que je ne pouvais laisser aux hommes (animaux étranges, armes extraterrestres et extrêmement dangereuses, souvenirs de ma planète).

Lois avait toujours eu du mal à se faire à cet endroit. Nous y avions pourtant vécu des moments cachés intenses, loin des gens. Ici nous étions vraiment seuls. Mais ça restait un endroit atypique fait à la mode de krypton. Et je pense que dans ces moments, Lois se rendait trop compte de nos différences.

J'étais toujours amusé de la voir à la fois si terre à terre et en même temps tellement amoureuse de moi. Son amour était aussi fort que ça détermination à vouloir trouver la vérité et les explications a tout. Quoique que... Je devrais dire "Sauf me concernant", elle m'avait toujours accepté sans se poser la moindre question...  et avec une telle fois… J'étais ce que j'étais... Et pour elle ça n'avait jamais eu la moindre importance. Même quand elle avait découvert que nos métabolismes différents nous empêchaient de procréer ensemble.
 
J'avais du mal à ne pas être mélancolique quand mes nombreux souvenirs avec Lois revenaient si clairement à la surface. Elle me manquait tellement...

Je m’approchais de la salle de commande, toujours connecté aux milliers de chaînes d'information du monde. Tout était encore actif.
Le monde n'avait pas changé tant que ça, le seul point vraiment différent était le nombre de super héros qui avaient rejoint les rangs de la ligue et qui protégeaient la planète à leur façon.
Le mal n'était pas éradiqué et ne le serait sûrement jamais, mais de plus en plus de gens de dressait contre lui.

- Je me disais bien que tu n'étais pas complètement insensible au sort du monde.

- Diana! Me retournais-je surpris de mettre laisser surprendre dans cet endroit d'habitude si vide.


- Comment es-tu entrée? Demandais-je surpris.

- Je te cherchais, c'est le second endroit où je me suis rendu. Et tu as laissé la porte ouverte. En général quand tu es la, tu ne refermes pas derrière toi.

Elle se mit à sourire, amusée.

Je te rassure, tu es toujours le seul sur Terre à pouvoir porter cette clé.

- Connor et Christopher sont assez doués aussi. Répondis-je.

- Oui, mais ils n'aiment pas venir ici. Ils n'ont pas ce même besoin de rester seul.

- Pourquoi es-tu ici? Finis-je par demander, me rendant compte qu'il n'y avait que 2 mois qui s'étaient écoulés depuis notre dernière rencontre.

Elle se mordit les lèvres, soudain plus anxieuse et son pouls s'accéléra.

- Clark, il fallait que je te parle.

- Tu m’inquiètes Diana, que dois-tu me dire aujourd’hui de différent de la dernière fois ?

- Disons que cette fois, je ne te demanderais pas de venir me rejoindre, tu vas simplement y être obligé.

- Sois plus claire s'il-te-plait. Je n’aime pas qu’on tourne autour du pot. Que se passe-t-il qui puisse te permette de croire que je vais mettre fin à ma retraite ?

- Il s’agit de ta vie cette fois, Clark! Elle est en danger.

Je soufflais de soulagement, ça n’était pas la première fois en 15 ans que d'anciens ennemis essayaient de me retrouver et de s’en prendre à moi.

- Je sais encore me défendre, rassure toi Diana. Et je n’ai pas peur de mourir...

- Je le sais bien! Dit-elle énerver. Mais cette fois, c’est différent, il s’agit de ton passé, c’est lui qui est en danger.

Mon passé?

- Parle! Tu as toute mon attention! Dis-je plus énervé.

- La légion vient de nous informer que Brainiac XIII a réussi à créer son propre vortex temporel. Et il commence à l'utiliser.

- Et la ligue ne peut pas s'en charger? Demandais-je connaissant déjà la réponse. Je savais que Diana ne serait pas venue me trouver si elle avait eu une autre solution.

- C'est plus compliqué que ça. La légion pense que c'est après toi qu'il en a.

- Tu sais où il est?

- Pas encore. La légion est sur ses traces, mais ils sont inquiets. Brainiac ne cesse de faire des sauts dans différents moments et dans différentes dimensions. Elle pense qu'il cherche des informations sur toi.

- Et que cherche-t-il? Un moment où je serais plus faible?

- C'est effectivement de que nous pensons tous.

- Alors que veux-tu que je fasse de plus que vous ne pouvez faire.

- Clark! Je ne pense pas que tu réalises, c'est après toi qu’il en a, après ce que tu as réussi à créer pour les siècles à venir, et tu connais les conséquences s'il te tuait avant que l'avenir ne soit lancé.

- Je sais, je n'ai seulement plus l'impression aujourd'hui que c'est réellement mon combat.

- Clark, il ne s'agit pas que de ça et tu le sais. Si tu n'y vas pas. C'est aussi toute ta vie que tu mets en danger et la vie des gens que tu as aimé et connu. Nous ne savons pas encore à quel moment Brainiac prévoit d'essayer de t'anéantir, mais ce sera sûrement à tes prémices. Donc avant Christopher, au début de superman, et peut être même avant Lois. Tu es prêt à prendre le risque de voir tes souvenirs et ceux des gens que tu as aimé disparaitre?

Je ne pouvais pas accepter qu'on brise les seules choses qui me restaient de ma vie...

- Tu as raison Diana, je sais ce que je dois faire. Je suis prêt.

mardi 17 janvier 2012

Article 3



Apres la visite de Diana, le temps continua de passer sans changement. J'avais réussi à vendre encore une fois toute ma récolte. Et l'été finit par s’écouler, lentement, comme toutes les saisons depuis 15 ans. Et pourtant, j'avais l'impression de tout faire pour prendre mon temps dans toutes les tâches quotidiennes. 
L'avantage de travailler dans une ferme était qu'il y avait toujours quelque chose à faire. Et que ça recommençait tous les jours... Donner à manger aux animaux, nettoyer, réparer. Un jour que j'avais plus de temps que d’habitude, je m'étais mis à réparer le vieux tracteur à l'air libre. Je ne savais pas s'il durerait longtemps. Les pièces étaient sacrement usées, et même les quelques refontes de l'acier ne permettait plus de renforcer la structure.


En ville, les gens commençaient à me connaitre et à ne plus forcément chercher qui j'étais. Ils essayaient au contraire de m'approcher. Je ne recherchais pas particulièrement leur compagnie, mais je devenais un habitué.

Quand j'étais arrivé, il y a 15 ans, j'étais très vite devenu la nouveauté de la ville. Qui était celui qui s'était installé dans la vielle ferme des Kent ?

N'ayant jamais pris la peine de discuter réellement avec les habitants, le mystère continua de grandir, puis les gens finassèrent par se lasser.

Ce n'est qu'un matin, quand on vint me chercher pour aller au chevet d'une vielle femme que les spéculations reprirent.

C'était il y a 10 ans, très tôt dans la matinée une jeune femme en larmes était venue frapper à ma porte. Elle avait des grands yeux noirs en amandes, de longs cheveux bruns, lisses et soyeux. Je reconnu rapidement son ascendance.
- Monsieur Clark Kent ? dit-elle la voix tremblante.

- Oui. Dis-je en ouvrant le second battant de la porte d’entrée.

- Je suis désolée de vous déranger, dit-elle les yeux rougis et fatiguée.

- Que se passe-t-il ?

- Ma mère est très malade, et… elle… elle a demandé à vous voir.

Je savais déjà de qui il s'agissait. Alors j'avais suivi la jeune femme sans en demander davantage.

C'était étrange de découvrir la ressemblance avec des gens que j'avais connu et aimé.
Quand j’étais arrivé dans la petite chambre sombre et étouffante, une vielle femme semblait m’attendre. J’avançais à son chevet, elle se mit à me sourire, sans vraiment cesser de me fixer.

- Clark... Je suis contente de vous voir. Merci d'être venu. Dit-elle d’une voix faible.

Elle regarda sa fille en souriant, et elle la remercia chaleureusement. Je ne savais toujours pas vraiment pourquoi j'étais là, mais cette femme était la fille de mon amour de jeunesse, de mon amie d'enfance... Lana Lang. On ne pouvait pas dire qu'elle lui ressemblait. Mais sa fille qui était venue me chercher ce matin était son portrait craché. La jeune femme nous laissa seuls et ferma la porte derrière elle toujours aussi triste.

- Je suppose qu'en voyant ma fille vous avez rapidement découvert qui je suis.

Je lui fis un signe affirmatif de tête tout en lui souriant.

- Ma mère nous parlait beaucoup de vous. Mon frère porte d'ailleurs le même prénom.

- Oui, je suis au courant. Votre mère a toujours beaucoup compté pour moi.

Elle hocha simplement la tête, tout en touchant son pendentif ovale et translucide qui pendait à son cou. Ce bijou me rappelait tant de souvenir.

- Elle ne vous a jamais vraiment oublié. Mais elle était fière. Vous devez vous demander pourquoi je vous ai fait venir.

Elle toussa pendant quelques instants, et je l'aidais à se remettre droite.

- J'ai un cancer, finit-elle par dire. Hélas détecté trop tard pour que votre vaccin ne puisse me faire de l'effet.

Je l'avais vu des que j'étais entré dans la pièce, le cancer avait déjà atteint trop d'organes pour qu'elle puisse y survivre. Il ne lui restait plus beaucoup de temps.

Je hochais simplement la tête.

- Je vais mourir. Continua-t-elle. Et j'avais très envie de découvrir la personne que ma mère a toujours regretté.

- Comment avez-vous su que j'étais ici. Demandais-je

- Je vous ai vu en ville il y a quelques années, et je vous ai reconnu tout de suite.
Elle toussa une nouvelle fois et je lui tendis un verre d'eau.

- Je vous avais déjà vu une fois à l'enterrement de maman.

Quelques jours avant, elle nous avait raconté votre histoire. Plus tard, après sa mort, nous avons découvert son journal, rempli de lettres qu'elle ne vous a jamais envoyées. La toute première portait votre nom. Je pense que pour les autres, elle n'a jamais eu l'intention de vous les donner.

Elle se leva un instant, et ouvrir le tiroir de sa table de nuit. Elle en sortit un vieux journal abîmé par le temps qu'elle me tendit.

- Elle a toujours suivi votre parcours, vous savez. Superman faisait partie de notre quotidien, mais c'est seulement en lisant son journal que j'ai compris que lui et vous ne faisiez qu'un.

Quand je l'ouvris, je tombais sur une photo de nous deux. Lana et moi, nous avions 16 ou 17 ans et ce fut l'un de ses courts moments où nous avions réussi à être heureux ensemble.
- Vous étiez très beaux.

Je lui souris.
- Votre mère était une femme extraordinaire.

- Mais vous ne pouviez pas être ensemble.

- Elle fait partie de ses rares personnes à avoir façonné l'homme que je suis devenu. Votre mère a compté énormément pour moi. La perdre a été très douloureux. Mais nous savions tous les deux que nous ne pouvions pas être ensemble. Elle ne m’était pas destinée.

- Je pense qu'elle n'a jamais réellement cessé de vous attendre.
Je lui tendis le journal.
- Non, gardez-le. Dit-elle en repoussant gentiment ma main. Il contient encore trop de secrets, et je ne voudrais pas que des gens puissent découvrir qui vous êtes. Vous avez l'air d'avoir besoin de tranquillité.

Je gardais le carnet et pris sa main fraiche et faible dans la mienne. Elle se recoucha et ferma les yeux un instant.

- Merci. Dis-je simplement.

- Merci à vous d'être venu. Voir en personne un aussi grand homme que vous est un véritable honneur. J'espère qu'un jour vous retrouverez le goût de vivre… vraiment.

Je lui souris affectueusement. C'était étrange de constater que les humains comprenaient souvent mieux mes choix que des êtres extraordinaires comme Diana. Peut-être qu'un jour elle aussi comprendrait.

Quelques jours plus tard, j'assistais à son enterrement.  Et des enterrements, j'en avais trop vu, j'y avais trop souvent assisté.

J'avais fini par comprendre la vision de Cassandra qui m'avait fait si peur à l'époque.

J'avais cru être un destructeur, que j'allais tuer tout le monde. Finalement c'est simplement le temps qui avançait différemment.

En tout cas, ce fut cet événement qui réenclencha toutes les questions me concernant. Qui était cet homme étrange? Que faisait-il ici? Comment connaissait-il cette Linda Ross? Les réponses commençaient à venir, on me prenait pour le petit fils Kent. Le petit fils du célèbre journaliste du Daily Planet au temps de l'arrivée de Superman. Ces suppositions fascinaient certaines personnes. Les femmes devenaient plus entremettantes attirées par ma "mélancolie romantique" les entendais-je discuter. Les hommes se demandaient surtout comment je faisais pour abattre autant de boulot sans employés. Le bruit courait que je travaillais seul dans la ferme et que c'était toujours le calme absolu. De temps en temps, il y avait des événements étranges. Impossible à expliquer, mais la ferme de mes ancêtres était assez éloignée pour ne pas attirer l'attention.

Les ragots allaient bon train dans les petites villes, surtout s’ils concernaient des personnalités locales.

Une seule fois, une personne avait osé me poser directement la question, me demandant si j'avais connu Superman.

« Superman » ce nom ne perdait pas sa gloire, il était devenu un mythe, était-il mort? Était-il toujours vivant? Il y en avait pour tous les goûts. Personne ne savait réellement ce qui lui était arrivé. Un jour, il avait simplement disparu. Et sa légende était venue avec lui.
Certains disaient qu'il n'avait pas survécu à une de ses nombreuses missions dangereuses loin de la planète, d’autres pensaient qu'il était prisonnier quelque part et que la ligue finirait par le retrouver. D’autres encore pensaient qu’il était mort… Mais personne ne l'oubliait. Même après 15 ans, l'espoir que sa vie avait inspiré aux hommes pendant près d'un siècle restait et resterai légendaire...

Je ne pouvais pas dire que cette constatation ne me faisait pas plaisir, j'avais passé ma vie à être le héros que tout le monde attendait. Maintenant j'avais passé la main. Et Diana se débrouillait très bien. Mais personne ne m'oubliait.

Laura, la petite fille de Lana revint me voir, espérant que je comprenais sa douleur. Mais je n'étais plus capable de me lier à des gens. Elle le comprit rapidement et me laissa retourner à ma solitude.

Le temps s'écoulait donc, constant et long. Mais rien ne me ferait regarder en arrière.
(à suivre)